Une économie au service de l’homme par Pierre Aunac

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Fiche Ressources DLD N°920-1769

Une économie au service de l’homme par Pierre Aunac

Descriptif

Pierre Aunac, économiste et chef d’entreprise a publié, à l’automne 2000 chez L’Harmattan, ce livre qui déménage les certitudes sur le rôle de la monnaie et de la fiscalité. Il pointe les perversions des systèmes autant libéraux que socialistes (ou sociaux) par rapport à ces outils de développement que sont la fiscalité et la monnaie. Personnellement je manque de bases pour comprendre (et intégrer comme acquis) le mécanisme de création de monnaie. Je ne retiens donc que les conclusions :

  • L’Etat s’est dessaisi du pouvoir d’émission de la monnaie au profit des banques et par voie de conséquence de son pouvoir d’orienter fortement l’économie du Pays. (Chacun se rappellera qu’au 31 décembre 2001, l’Etat a fermé tous les comptes des particuliers au Trésor, privant ainsi le pays d’une ressource plantureuse : plus masochiste, tu meures)
  • La monnaie émise par les banques (80% de la circulation) est une monnaie temporaire (une monnaie de singes) ;
  • L’Etat émet une monnaie permanente (20% de la circulation) : une monnaie de signes).
  • Il résulte des règles de banque que celles-ci ont la possibilité de prêter plus de 6 fois leurs ressources réelles (par un jeu d’écriture comptable). Du coup, l’ensemble des intérêts dus par les préteurs passent à quelque chose comme 50% l’an.

Au passage, Pierre Aunac :

  • Explique comment il est possible de trancher le « noeud gordien » du chômage.
  • Propose une démonstration lumineuse de la logique TVA.
  • Montre que l’entreprise constitue un amplificateur économique (pourquoi pas les autres agents économiques créateurs de richesses ?)
  • Démonte la dialogie marchés vendeurs/marchés acheteurs
  • Nous expose le « syndrome de Flemming » et la loi de Gresham.
  • Montre les effets criminels de la spéculation financière et l’absence de réaction politique à ces pratiques : l’Etat pourrait taxer, interdire, criminaliser.
  • Démontre que la fameuse égalité keynésienne entre l’épargne et l’investissement est fausse.
  • Aussi, que l’Etat détient toujours le pouvoir de conduire une politique monétaire indépendante et efficace, s’il en a la volonté politique.
  • Règle son compte au partage du travail.
  • Fait remarquer que ce sont le génial polytechnicien Giscard et le meilleur économiste de France Barre, en 74-75, qui ont cassé le développement continu des trente glorieuses. Il semble aussi que ce soit à partir des périodes de cohabitation (1986) que la destruction des bases du développement aient été un peu réduites et la « gouvernance » de la France un peu moins piteuse.

En tant qu’acteur engagé du développement local, j’entretiens quelques méfiances sur les solutions macroéconomiques lorsque je ne vois pas de quelle manière elles peuvent s’appliquer au local. J’aperçois quelques biais dans le raisonnement de Pierre Aunac et je souhaiterais en débattre avec lui :

  • L’unité nombre d’actifs (a fortiori la valeur pourcentage d’actifs dans la population) ne me paraît pas très cohérente et sans valeur très sûre afin de juger de la variable travail dans une équation ; je préfèrerais que les calculs et les raisonnement portent sur l’unité « heure de travail » (qu’il n’est pas non plus une unité définie dans le patine iridié). Rappelons que le nombre d’actifs comporte aussi les chômeurs.
  • Les équations monétaires ou fiscales portent bien évidemment sur des valeurs ; alors que si on y introduit consommations et productions, il s’agit bien sûr de volumes. Ce n’est pas très grave lorsqu’on mesure des flux sur une période de temps relativement réduite. Sinon, c’est risqué.
  • Je souhaiterais que Pierre Aunac applique ses outils à la notion de productivité. Même avec l’exemple caricatural qu’il donne, une usine qui a besoin de 35 heures de travail pour produire une voiture n’est pas obligatoirement moins productive que celle qui a besoin de seulement 17 heures. Serait-ce que les économistes, les politico-administratifs et les chefs d’entreprise aiment beaucoup cette idée de productivité sans bien la connaître et l’analyser ?

Ceci dit ce petit ouvrage facile à lire fournira un grand nombre d’idées décapantes à l’acteur du local et quelques précieux arguments pour débattre des idées toutes faites que véhiculent souvent les élus ou les responsables politico-administratifs.


Références ou Coordonnées

Votre Nom : Pierre Aunac - Une économie au service de l’homme - L’Harmattan 2000


par Bernard Garrigues le 11 juin 2002
modifie le 18 août 2010
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