L’appétit du futur : voyage au cœur de la prospective par Jacques de Courson

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Fiche Ressources DLD N°920-1756

L’appétit du futur : voyage au cœur de la prospective par Jacques de Courson

Descriptif

C’est au célébre Café Cherrier,de Montréal, en mai dernier, que j’ai pu faire connaissance de Jacques de Courson grâce à l’entremise de notre ami Guy Loinger. Pour se faire reconnaître, ce docteur en économique, consultant et enseignant en urbanisme en France et au Brésil, avait déposé son dernier livre sur le coin de la table où il s’était installé avant mon arrivée. Mon intérêt envers la prospective suffirait pour alimenter bien des conversations entre deux bières. Quand s’ajoute comme affinité la connaissance du Brésil et de la langue qu’on y parle, inutile de vous dire qu’en de telles circonstances, la gent féminine perd un certain monopole qu’on lui attribue, faut-il le signaler, parfois bien à tort.

Sur la base d’une expérience de toute une vie professionnelle, de Courson vise, ici, à attiser le goût, l’envie, l’appétit des novices de la prospective. Mais, je précise que les non novices, comme la plupart de mes collègues dédiés à la cause régionale et tous ceux qui font de l’action régionale leur activité quotidienne trouveront dans cet ouvrage également un intérêt qui se maintiendra d’un couvercle à l’autre. J’admets que 125 pages, c’est vite lues, mais la lecture paraît encore plus rapide quand elle est passionnante comme dans le cas présent L’ensemble se divise en deux parties. La première s’intitule Qu’est-ce que la prospective ? Alors que la seconde montre comment la prospective se pratique. Le lecteur se voit donc offrir les principes, les méthodes et les règles de cette discipline intellectuelle tels qu’ils s’appliquent au territoire. Il obtient ainsi une idée de la façon dont le futur peut se forger.

Mains de quoi parle-t-on en évoquant la prospective ? La prospective évoque le futur. Comment donner un sens aux mots du futur ? s’interroge notre auteur-voyageur. La réponse nous est fournie par les sept

. Non ! Partenariat - privé - public n’en font pas partie. Nous savons gré à l’auteur de nous en avoir épargné. Ce sont ; prophétie, prédiction, prévision, projet, plan, programme et finalement l’objet du livre : prospective. Cette dernière comprend trois famille : la cognitive, la participative et la stratégique. Pour l’appliquer à un territoire, il importe d’en connaître la signification. Pour de Courson, le territoire correspond à un espace géographique concret quels qu’en soit sa taille, son échelle, son périmètre pour autant qu’on puisse y faire un travail prospectif. Mais, l’auteur juge utile de le préciser, un territoire est fait d’une multitude d’acteurs aux intérêts souvent divergeants et parfois opposés, hélas. Quels sont les jeux de pouvoir à l’œuvre ? Qui décide de quoi ? Quels sont les rapports de force ? Qui dispose des marges de manœuvre ? Ce type d’interrogation boucle la première étape de la démarche prospective.

Dans la deuxième partie de son ouvrage, de Courson offre les clés d’un apprentissage concret de la prospective et, ce faisant, il cherche à répondre aux sempiternelles questions : Comme il l’écrit, dans ces , le mouvement de la pensée est toujours le même : partir de la situation présente dans sa dynamique ; examiner ce qui est en tension, potentialités, menaces, dangers et tendances lourdes ; basculer vers le futur en ouvrant des pistes, provoquant des alternatives, imaginant des scénarios. Et tout ceci peut se faire en marchant (moi je préfère en pédalant). Ainsi, c’est en marchant que notre auteur, tel qu’il le présente, procède au diagnostic d’une ville. Son œil observateur le conduit à s’interroger sur : les évolutions structurelles lourdes ; sur les risques, les tensions, les ruptures possibles ; sur les opportunités, les avancées positives, les lignes d’espoir. Terminons par ce clin d’œil au pays de Pele : Le Brésil a-t-il un avenir ? s’interroge de Courson. Comment ne pas répondre positivement sur la base de trois atouts stratégiques : sa masse, son territoire et sa culture. Hey oui, et c’est faire abstraction du football et du volley de plage…

En conclusion on peut lire que la prospective n’est ni une science, ni un art, c’est une recherche des futurs possibles. L’auteur a réussi son pari : donner à son lecteur l’envie de participer au processus susceptible de façonner son futur.

André Joyal


Références ou Coordonnées

  • Paris, Éditions Charles Léopold Mayer, 2005, 125 p


par André Joyal le 3 juillet 2007
modifie le 18 août 2010
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