Economie sociale et développement local - Point de vue d’un géographe

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Fiche Ressources DLD N°920-1781

Economie sociale et développement local - Point de vue d’un géographe

Descriptif

Grenoble 9, 10 et 11 décembre 2002

Je suis, à la fois, un acteur et un militant de l’Economie Alternative et Solidaire, relativement bien repéré comme tel [7] et un chercheur en géographie du développement local rural [8] . Le programme de ce colloque correspond donc à cent pour cent aux problématiques que j’explore et pourtant je me suis retrouvé en des terres inconnues où, certes, je comprends à peu près la langue (et où j’apprends beaucoup) mais où des problèmes qu’un géographe trouvent essentiels pour son champ de recherche n’émergent pas.

J’en citerai trois :

  • 1 - Assez généralement, nous admettons tous que le développement constitue un tropisme fort depuis le big bang ; tropisme passé, sans grande modification de logique, des systèmes physiques et chimiques aux systèmes biologiques puis sociaux ; dans les systèmes géographiques, nous définirons le développement local comme un tropisme social de la même force que celui de la reproduction dans les systèmes biologiques ; théoriquement irrépressible.

La question essentielle devient : quelles forces s’opposent efficacement à ce tropisme social sur les territoires ruraux en France ? (Il s’agit d’une vérité statistique, pas vraiment inscrite dans le bronze.)

  • 2 - Nous avons beaucoup parlé de démocratie ; il me semble que, sur le champ du développement local comme sur celui de l’économie solidaire, la question importante à laquelle nous devons trouver une réponse qui tienne la route est « Pourquoi la démocratie ? ».

La réponse qui me paraît évidente maintenant est que la démocratie met en œuvre des droits individuels garantis et une boucle de grande opérationnalité : « Les droits individuels garantis produisent du développement local ; le développement local produit des droits individuels garantis. ». Ces conclusions appartiennent au prix Nobel d’Economie Amartya SEN (cité au long de nos travaux) [9] . La contradiction apparente avec l’économie solidaire (qui primerait les droits collectifs) s’explique très facilement : les individus ne peuvent mettre en commun que les moyens et les degrés de liberté dont ils disposent réellement.

  • 3 - Les dimensions [10] structurantes des systèmes géographiques locaux sont, à mon avis, peu nombreuses [11] . Afin d’expliquer cette possible approche simple des systèmes sociaux complexes, il existe une analogie physique facile : celle des systèmes thermodynamiques, soumis pour leur évolution qu’à deux variables : la pression et la température. Je citerai à l’appui de mon point de vue Isabelle STENGERS « La thermodynamique est certes la science des systèmes complexes mais … la seule spécificité des systèmes complexes, c’est que la connaissance que nous avons d’eux est toujours approximative ; que l’incertitude déterminée par cette approximation va croissant au cours du temps. » (La nouvelle alliance [12] , p 286). Le chercheur en développement local (comme le praticien) a pour objectif de mettre en évidence les dimensions structurantes des problèmes de développement local, puis d’observer ce qui se passe lorsque varie une (ou plusieurs) de ces dimensions. En gros, cela dit que les problématiques des systèmes géographiques (donc des systèmes sociaux) reposent sur une analyse collective très rigoureuse à valeur générale, qu’un nombre important de solutions pertinentes possibles peuvent, suivant l’environnement local, s’appliquer ; comme cela a été dit, solutions pratiquement non exportables.

Références ou Coordonnées

Ecrire à Bernard Garrigues


par Bernard Garrigues le 14 décembre 2002
modifie le 18 août 2010

Notes

[1] Cf Collectif MB^(2) (2001) Pour une économie alternative et solidaire, L’Harmattan

[2] Doctorant à MONTPELLIER III - Paul Valéry : L’analyse de la vleur des fonctions du monde rural

[3] Amartya SEN (2000) Un nouveau modèle économique Odile Jacobs

[4] Le terme de « dimensions » a la prétention de couvrir les notions de variables quantitatives et de variables qualitatives indépendantes.

[5] Par exemple, les systèmes météorologiques ne seraient soumis qu’à quatre variables indépendantes.

[6] I. Prigogine, I. Stengers (2000) La nouvelle alliance Gallimard

[7] Cf Collectif MB^(2) (2001) Pour une économie alternative et solidaire, L’Harmattan

[8] Doctorant à MONTPELLIER III - Paul Valéry : L’analyse de la vleur des fonctions du monde rural

[9] Amartya SEN (2000) Un nouveau modèle économique Odile Jacobs

[10] Le terme de « dimensions » a la prétention de couvrir les notions de variables quantitatives et de variables qualitatives indépendantes.

[11] Par exemple, les systèmes météorologiques ne seraient soumis qu’à quatre variables indépendantes.

[12] I. Prigogine, I. Stengers (2000) La nouvelle alliance Gallimard

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