Le Développement Local est mort - Vive le Nano Développement Local, Numérique, Territorial, Entrepreneurial et Créateur de valeur

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Le Développement Local est mort - Vive le Nano Développement Local, Numérique, Territorial, Entrepreneurial et Créateur de valeur

Introduction

La société numérique à flux acentrés impose des mutations fortes et mouvantes sur ce qui fait création de valeurs dans le Nano Développement Local / Nodal [1], pour les entreprises ou les collectivités.
  • Les stratégies produits / services ou les politiques publiques sont à adapter, envers les entreprenants du local au plus profond des micros territoires ou sur les espaces des communautés numériques par empathie.
  • L’évolution de ces entreprenants est pour partie improbable et leur identification est réservée aux acteurs acceptant de regarder autrement leur territoire géopolitique, de marché ou de communauté d’adhésion.
  • Sont à reformuler pour réussir du DL, dans un contexte de nano-réalités et de création de valeur autour des interconnexions, les produits et services offerts aux entreprenants du local (cf Salon des Entrepreneurs) .
  • L’article ci-dessous situe quelques questions et raisonnements [2] à l’attention des développeurs locaux (public, privé, civil) et entreprenants du local.
  • A méditer ce propos de Michel Serres sur l’engagement : « Avoir un regard lucide sur ce qui se passe dans la société… qu’est ce qui est puissamment contemporain et réellement nouveau. »
 


1- Décalages entre les cultures DL et les réalités numériques

1.1- DL peu tourné vers l’entrepreneuriat .

Le développement local est aujourd’hui en fort décalage avec les réalités numériques, en particulier sur : « ce qui fait création de valeur ? ».

  • Essoufflement des vecteurs classiques du DL  : les options habituelles de densification urbaine [3], de concentration d’entreprises spécialisées ou d’économie résidentielle semblent moins probantes du fait de l’interconnexion facilitée à distance [4] et de la chute des revenus, comme de l’insécurité de ces derniers pour les retraités à venir [5].
  • Sur quelles richesses s’appuyer pour réussir le développement du territoire ?  : A l’heure des rigueurs budgétaires, chaque territoire géopolitique ou numérique doit retrouver rapidement la voie des énergies locales individuelles, disponibles, entreprenantes et à forte valeur ajoutée… ?
  • Comment interagir avec les coups / coûts partis réduisant les opportunités de développement ?  :
      • Déploiement numérique versus unique réseaux physiques et gros opérateurs, confortant les fractures sociales et géographiques alors que l’employabilité numérique sera dans les usages et l’agilité ;
      • Schéma directeur d’aménagement numérique également focalisé sur les réseaux physiques, pensant cadrer un univers improbable et fluctuant en termes d’usages et de technologies (Lire Après les SDTAN faut-il des Schémas de Développement des Usages Numériques Territoriaux ?) ;
      • Focalisation / concentration du numérique sur un quartier, un lieu, une population de geeks, pour se rassurer, tout en induisant de grands déserts autour

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1.2- DL dans un contexte numérique acentré

« Dérouler l’enveloppe »… reste vrai pour déployer du DL [6] . Mais quelle enveloppe pour travailler la question majeure de l’employabilité des habitants à une époque numérique mouvante et instable… ? Quelles opportunités offrir… ? Comment situer l’action aux noeuds d’interconnexions des piezo-énergies et des pico-projets ? Les réponses en formation, filière, accueil d’entreprises semblent bien insuffisantes… Comment animer, impulser les énergies entrepreneuriales, créatrices de valeurs, au plus profond des territoires, des quartiers, des lieux-dits, des moulons [7] ?

  • Nouveaux items de la création de valeur économique  : éco-systèmes, sociabilité… [8] vont se traduire en termes d’emplois… en ayant présent à l’esprit le fait que l’intelligence des objets communicants va dissocier davantage : emploi local et habitat local.
  • L’univers du local est-il encore celui du bocal ou du glocal ?  : Quelle pertinence du local à l’heure de la géolocalisation, du nomadisme, des communautés d’intérêt par empathie… ?
  • La centralité existe-t-elle dans un monde numérique ?  : Le devenir de l’urbain est-il encore dans la densification des territoires [2] (relire Transformer nos comportements - Identités de nos villes numériques - Usages pour quel futur ? - Angers Technopôle), et l’économie du développement durable supposant davantage de soutien d’un Etat exsangue et une hausse des tarifs d’énergies pour les particuliers [9] ? Les nouvelles gouvernances se bornent-elles à des touches d’interactivité ou de coopération ? Quid des opportunités d’innovation et de création de valeur sans rapport à une centralité ?

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1.3- Certitudes et pesanteurs techniques dans des univers improbables ?

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Faut-il adopter la posture du philosophe sceptique [10] ; reformuler les questionnements plus qu’attendre des réponses ? Réintroduire de l’humain dans une société numérique - « Il n’est de richesses que d’hommes » [11] - , retrouver le sens de la mesure pour éviter les fausses espérances des marchands du temple ? Pour le moins, s’interroger sur l’image ci-jointe (Jerôme-Bosch L’Escamoteur (1475 / 1480) Musée Municipal Saint-Germain-en-Laye) et relire Réseaux sociaux escamoteurs… Quel avenir : web squared et web3 ?.

  • Compréhension réductrice et décalée du numérique par les développeurs locaux, les aménageurs en situation opérationnelle  : il faud dépasser la terminologie TIC ou NTIC, éviter de voir les développeurs locaux cantonnés à la quête de subventions ou appréhender le DL dans son seul volet gestionnaire, encourager les aménageurs à comprendre que le numérique n’est surtout pas qu’un réseau physique de plus !
  • Erreur majeure de continuer à raisonner « Local » comme au 19e et 20e dans le seul univers géopolitique. Le local sur le net est « acentré » et pour partie dans les communautés par empathie. On rompt là avec de nombreux repères mentaux sur la centralité du local, provenant de la rupture par Rémus… du cercle tracé par Romulus pour la fondation de Rome. L’incidence est forte pour le futur des développements urbains, leurs « périphéries » et l’implantation des activités dans un « a-local » que traduit fort bien le positionnement actuel des fermes de serveurs dans le monde.
  • Posture erronée des collectivités locales et des milieux ingénieurs dans leur focalisation excessive sur un internet réduit à un déploiement technique de réseau comme modèle / modalité d’aménagement numérique des territoires et sésame assuré dans la réussite et le développement local ! Ils en oublient d’aménager les territoires numériques des communautés par empathie et les aires numériques de marchés.
    Cela rejoint les mythes dans la puissance des technologies évoquée par Jean Claude Heudin dans un chapitre intitulé « l’intelligence est loin de pouvoir se passer du biologique ! » consacré aux « arrières-plans imaginaires sur lesquels se découpent les silhouettes du futur » [12].

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1.4- Nano-développement local, pico-projets, piezo-énergies

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Le sujet est traité dans Lego Numérique Local. Précisons ici l’importance du contexte des « nanoréalités » en générant de nouvelles propriétés (cf le propos d’Etienne Klein [13]), non accessibles dans le modèle actuel push du déploiement de l’internet. C’est tout l’intérêt de multiplier les pico-projets et les piezo-énergies favorisant ainsi « la surface d’interconnexion » avec de nouvelles propriétés numériques (réseaux, services, usages) pour favoriser le développement local / nodal [1]. Les Fab Labs [14] peuvent y contribuer s’ils ne sont pas concentrés en d’uniques lieux affaiblissant le potentiel local ; cf aussi B4RN : un réseau rural financé par la communauté et B4RNOrgUk. Encore faut-il être capable d’identifier les points nodaux d’interconnexions des pico-projets et piezo-énergies !

  • Ressources partageables et valorisables  : avoir le sens commun [15] et vivre une convergence du développement au plus près des territoires par de micros initiativesFaire société numérique de proximité géopolitique ou de communautés via une capacité conversationnelle confortée par le langage de proximité avec rythme et mots des membres… Explorer des systèmes de gouvernance de voisinage. De ces points de vue, le travail important sur les interfaces numériques [16] ne peut que soutenir la production de services, produits, usages concernant le champ des commodités du quotidien, l’un des marchés porteurs des Legos Numériques Locaux.
  • Système d’échanges de proximité  : entre la gratuité, le don [17], l’échange par évaluation d’équité ou d’utilité mutuelle… (Cf Revisiter liens entre DL / Numérique et Théories économiques). Des garanties acceptées et mutualisées au niveau de chaque Lego Numérique Local dans une solidarité / viabilité de proximité du fait d’une convergence des espérances et des stratégies de chacun(e). Le tout sans exclure la rentabilité économique et sociale des activités produites, donc l’existence de marchés construits probablement dans des dynamiques de crowdsourcing avec usage du crowdfunding.

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2- Se poser quelques bonnes questions

2.1- Cinq réalités du couple Numérique / DL, confortant le Nano-Développement

  • 1- Repli vigoureux et pérenne des collectivités locales dans l’impulsion de proximité (dette financière, nécessité de réduire les charges de personnels, externalisation d’activités) ; même si la nouvelle « Banque Postale du développement local » [18] vient soutenir des investissements.
  • 2- Focalisation contreproductive sur les notions de filières  [19] alors que c’est « le tout égal par ailleurs » qui est chamboulé de fond en comble par l’affirmation prégnante d’une société numérique de flux « acentrés » qui s’instille partout et favorise, en contexte de nanoréalités, une myriade de « surfaces d’interconnexion ».
  • 4- Rôle du bavardage… et des anecdotes largement méprisées et désormais à l’honneur du numérique  : « Insignifiant en soi, le bavardage offre néanmoins la trame d’où extraire des variantes significatives, des modulations insolites, des articulations imprévues. Le bavardage ne représente pas quelque chose, mais c’est précisément en cela qu’il peut tout produire. » Paolo Virno [20].
  • 5- Espérances déçues ou en embuscade pour les acteurs locaux ?
    • La situation de crise révèle les tensions locales et la difficulté pour les acteurs publics et privés à situer des horizons crédibles et pérennes de l’action. Quelles promesses / programmes envisager en matière de DL / Numérique pour créer de l’emploi, de la vie sociale et inventive ? Quelles stratégies / tactiques adopter pour situer ses produits / services face à un « usager dominant », surfant d’abord sur une satisfaction de l’instant ? L’élu comme le chef d’entreprise ont besoin d’un contexte stable pour agir… or le monde numérique est à la fois instable et acentré… Où sont les nouveaux facteurs locaux de croissance et d’employabilité ayant une pérennité ? Sans doute dans la multiplication des surfaces d’interconnexion entre les pico-projets et les piezo-énergies des Legos Numériques Locaux…
    • La société civile peut-elle encore prétendre être un acteur majeur de la transformation sociale ? Comme d’autres corps sociaux, on y trouve des « bobos », des valeurs, la zizanie et son lot de chapelles. Nombre d’acteurs civils restent cependant, plus que jamais en influence… Les réseaux concernés sont discrets, traduisant des affinités de fond, même si les objectifs et les réalisations de chacun(e) sont marqués par la diversité. Ils peuvent faire bloc sur un enjeu opérationnel pour créer une polarité opérationnelle tirant l’avenir vers le haut…

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2.2- Questions improbables en suspend…

  • Que faire de la violence des dérives (finance, économie, sociale, humaine)
    Elle est d’abord celle d’internet exacerbant la concurrence des potentiels individuels (nom de domaine pour 10€ et lieu d’expression gratuit via logiciels libres), avec conjointement des fractures sociales excluantes sur la capacité d’expression (Lire La GRH dans la tourmente du numérique…)… d’où la profusion de présence sur les réseaux factices dits sociaux… en attitude passive (Lire Path, 50 amis et puis c’est tout - Quand les réseaux sociaux se mettent à la diète… Minimalisme et Sobriété - Qui trop embrasse mal étreint.). Il faut approfondir pour le DL / Numérique certaines thématiques assez proches comme celle du groupement scientifique « Participation du public, décision et démocratie participative » [21]. Cette violence est démultipliée par la foultitude de noeuds d’interconnexions possibles ; comme autant d’opportunités d’expulser ses peurs… mais aussi de faire alliance.
    Qu’en est-il du chaos local… économique, humain, financier et des conflits et dépendances ?
    Cinq repères accréditent cette question : Rapport au temps privilégiant l’instant - Accélération de la fainéantise intellectuelle et sociale via les tweets des réseaux sociaux - Besoin d’identité / reconnaissance / respect tous azimuts (jeunes, femmes, séniors…) et réveil des nationalités (ou ce qui en tient lieu)… produisant une segmentation de plus en plus affirmée de la société ie le « c’est l’autre… » [22] - Profusion des terminologies de solidarité, partage, coopération, collaboration, co-construction… qui cache la faiblesse de leur réalité - Accélération et instabilité des technologies faisant renaître des idéologies classiques de l’homme nouveau ou du transhumanisme…
  • Faut-il courir après le très haut débit fibre numérique ?
    Nombre d’élus sont focalisés sur l’accès au très haut débit numérique via la fibre en particulier en milieu rural [23]. Cette option centrée sur l’équipement est particulièrement réductrice dans un monde numérique qui chamboule tous les repères, sans crier gare. La question des réseaux techniques est probablement derrière nous aujourd’hui [24]. Chacun devrait se focaliser davantage sur les usages, sur ce qui fait création de valeur et sur l’employabilité numérique des habitants… Ceci en identifiant vigoureusement les multiples points nodaux d’interconnexions entre pico-projets et piezo-énergies des Legos Numériques Locaux… De plus, les RIP en confortant les modes « mécanisés et push » des opérateurs dominants de réseaux et de services (codification des données de la connaissance, manipulation des informations de géolocalisation)… ne produisent pas de valeurs locales alors que l’usager est de plus en plus partie prenante et responsable des données qu’il peut générer ou autoriser à exploiter ?
  • Que revisiter dans les liens entre DL / Numérique et Théories économiques ?
    Par exemple les réflexions de Piero Sraffa « Production de marchandises par des marchandises - Prélude à une critique de la théorie économie » Ed.Dunod ; qui évoque avec intérêt la « marchandise-étalon » dans une approche critique de la théorie marginale de la valeur et de la distribution ; fort utile à l’heure de création de valeur par la posture de coopération, d’adhésion, de partage et de voisinage [25].

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3- Solutions Entreprises et Collectivités Locales, en univers numérique acentré

3.1- Entreprises , Nanoréalités et Legos numériques de proximité

Les entreprises peuvent veiller / entretenir leurs territoires géopolitiques ou de communautés comme elles le font pour leurs aires de marchés. Ces territoires recèlent dans bien des cas des savoir-faire de petites mains agiles et aptes à s’adapter à de nouvelles employabilités en contexte numérique dont l’entreprise peut avoir besoin ponctuellement ou de façon plus pérenne. Déjà nombre d’entreprises implantées, nées en local… n’envisagent même pas d’aller ailleurs, tant les savoir-faire de proximité sont le fruit de générations accumulées hautement efficaces et motivées.
A l’échelle des nanoréalités du développement local / nodal [1] et dans la direction déjà engagée par de grandes entreprises sur la configuration en grappes souples, innovantes et responsables ; le tissu des PME locales a tout intérêt à cultiver son jardin de proximité en l’arpentant au plus profond des territoires, des quartiers, des lieux dits, des moulons… pour y repérer la myriade des surfaces - points d’interconnexion des piezo-énergies. Il y a là de nouveaux vecteurs de solidarités et d’employabilité entre acteurs entreprenants dans l’esprit du Lego Numérique Local, à partir des lieux de voisinages [6] pour conforter la conquête de marchés plus vastes. C’est pour partie proche des tendances de type App Store avec leur myriade d’applications et d’opportunités.

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3.2- Elus, risque d’une économie souterraine du DL en contexte numérique

  • La force de chaque territoire est souvent cachée et constituée de leaders d’influence appuyés par une diaspora international ou non. L’ouverture plus ou moins forte sur les territoires voisins… permet de rester en éveil sur d’autres horizons. Les territoires frontaliers ont une bonne expérience en la matière. Les solidarités de type pays ne sont pas forcément une réussite en la matière, l’échelle étant trop petite. Les régions administratives actuelles pourraient retrouver des marges de manoeuvre DL / Numérique en se recomposant autour des 6 / 7 grands territoires imaginés un temps… Ces aires d’initiatives et de marchés sont à l’échelle pour une force suffisante des réseaux numériques physiques de type RIP ou Mesh aptes à s’interconnecter avec les backbones internationaux tout en déterminant des aires d’employabilité pérennes et une articulation de Legos Numériques Locaux constituant de « grands comptes usagers » numériques…
  • Trois faiblesses des territoires dans une économie numérique
    • Incapacité à l’employabilité des habitants en contexte numérique… souvent bien loin des compétences disponibles et des métiers identifiés sur les bassins d’emplois actuels - Cf l’enquête Insee Besoins en Main-d’Œuvre 2011 identifiant les difficultés à recruter dans les bassins d’emploi.
    • Niveau des énergies entrepreneuriales pour aller de l’avant dans les initiatives, les adaptations aux besoins et services de type commodités au quotidien ou autres segments de marché… L’entrepreneuriat peut prendre des formes : privée rentable, associative indépendante, para-publique responsable ; sans pour autant se tourner vers des collectivités en difficulté financière.
    • Echelle des réseaux d’initiatives publiques mis en place dans des territoires géopolitiques trop étroits , dans l’incapacité d’induire de vraies dynamiques d’emplois (hors les filières numériques et encore) - Cf Le numérique crée-t-il de nouveaux emplois ? .

A défaut d’agir en ce sens, seront encouragés des réseaux d’activités souterrains pour répondre aux besoins et nécessités des habitants dans les relations et vécus de voisinage - les communautés par empathie élargissant de fait les territoires d’actions - . Cela traduira un renforcement des pratiques marginales en matière de DL, sans contribuer à l’économie générale du territoire. L’enjeu des politiques publiques est de réconcilier / articuler (en contribuant à la création de valeur locale) les échelles numériques [26] : les micros / nanos territoires commençant au lieu-dit et les vastes territoires de grandes régions françaises armature de dynamiques de marchés, d’innovations, d’employabilité et d’interconnexions.

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3.3- Entreprise : croissance et création de valeur dans une société numérique

  • Privilégier les lieux et les acteurs plus que choisir une politique de l’offre ou de la demande  ; en particulier dans les relations de voisinages numériques ou dans l’espace géopolitique [27]. Les politiques à conduire sont probablement davantage des politiques de l’adhésion et de la reconnaissance, voir des anticipations qui interfèrent avec les repères trop basiques de l’offre et de la demande. Aujourd’hui c’est la posture de l’usager qui fonde la valeur dans des univers numériques de voisinage (éco-systèmes, expériences utilisateurs).
  • Ne pas réduire à des débats classiques et limités sur des différentiels dans le coût du travail  ; cette question de la croissance et création de valeur dans une société numérique acentrée (cf l’enquête Insee via l’article des Echos sur le coût du travail France / Allemagne [28]) ; surtout avec une tendance à la diminution du temps de travail [29].
  • Faut-il faire du Low Cost, dans une société numérique pour créer de la valeur (via le déploiement de Legos Numériques Locaux) ; en y joignant l’opposition entre consommateurs et salariés. A méditer l’extrait suivant parfaitement adapté à une société numérique acentrée à forte concurrence des énergies individuelles : « les consommateurs sont le juge ultime de la valeur et non… les producteurs. La valeur ajoutée d’un bien ou d’un service résulte d’abord de la perception qu’en ont les consommateurs… Dans ces conditions, il appartient aux producteurs qui veulent échapper à la tyrannie des prix bas de démontrer que leurs produits et services valent mieux que ceux du low cost. » [30]

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3.4- Prendre le large et Réussir le développement équilibré des territoires

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  • Prendre le large, c’est distinguer entre Représentativité et Reconnaissance. La démocratie locale induit pour les élus et les corps intermédiaires (développeurs locaux Collectivités, Chambres consulaires, Structures d’intermédiation sociale ou professionnelle) ; le besoin d’avoir en face des « représentants de »… ce qui est plutôt étranger au monde internet davantage tourné vers un monde de reconnaissance plus que de représentation. Le DL / Numérique n’est guère en mesure de structurer une représentativité (taille et diversité des projets, mouvance des échelles, instabilité des communautés). Etre reconnu comme partenaire dans le DL de proximité, c’est trouver des ferments de crédibilité autre que financier par exemple, pour conforter sa légitimité.
  • Prendre le large, c’est encore méditer ce que dit Roger Chartier [31] sur les mutations en cours qui créent distorsion, décentrement, distanciation, fracture… en somme les inégalités de l’internet dans la culture des pratiques. Aucune catégorie sociale ou professionnelle n’y échappe, car il s’agit avant tout d’une relation intime, historique, affective, linguistique de l’individu à son espace de connaissance comme à son réseau social de proximité ou d’intérêt. Ecoutons : « Les mutations de notre présent bouleversent, tout à la fois, les supports de l’écriture, la technique de sa reproduction et de sa dissémination, et les façons de lire. Une telle simultanéité est inédite dans l’histoire de l’humanité. »
  • Prendre le large, c’est enfin  : Offrir de l’air à ses collaborateurs en suggérant des opportunités d’entrepreneuriat - Faire davantage appel aux savoir-faire concernant l’humain par exemple des géographes, ergonomes…, bien davantage que les seuls compétences techniques, économiques, financières ou d’aménagement - Etre à l’écoute des signaux faibles.
  • Le développement équilibré est, en contexte mouvant et improbable, à rechercher dans un effort de réflexion sur : soi-même, les nouveaux acteurs entreprenants, les postures de coopération autour des quelques repères ci-dessous :
    • Technologies : « Urbaniser les technologies… les rendre adaptables » Saskia Sassen
    • Coopération : « Ce qui est rare à présent, ce n’est pas le capital, l’accès au marché, les compétences ou les technologies. Ce qui ne peut s’acheter, ce sont les relations entre ces facteurs, la façon de coopérer » - Gérald Pavy.
    • Chef d’Entreprise : « Un chef d’entrerpise recherche toujours les asymétries et les failles où se trouvent les nouveaux marchés et les potentiels de croissance » - Jacques de Chateauviex.
    • Formes d’activités économiques : Là où le binôme exclusif marché-Etat dissout progressivement la richesse de la cohésion sociale, le développement des sociétés humaines exige l’ouverture progressive, dans le contexte mondial, à des formes d’activité économique caractérisées par une part de gratuité et de communion " - Cardinal André Vingt-Trois.
    • Instruction : « A un enseignant qui me disait »notre métier n’est pas d’éduquer mais d’instruire… je lui ai rappelé la circulaire de Jean Jaurès : Vous enseignez moins ce que vous savez que vous n’enseignez ce que vous êtes » - Edgar Pisani.
    • Intelligence : « Ce sont les sujets pensants qui composent la collectivité qui peuvent être (plus ou moins) intelligents. Ce sont ces sujets qui sont des substances pensantes… La collectivité ne peut être dite « intelligente » ou « pensante » que par métaphore et de manière fortement impropre » - Philippe Quéau.
    • Marché : « Sans le hors-marché, le marché ne marche pas » - Joseph Schumpeter.
    • Travail : « Structure nos sociétés collectives depuis 3, 4, 5 siècles… Est-ce que le travail suffit aujourd’hui à structurer nos collectifs ? » - Michel Serres.
    • Vérités : « Il est admis aujourd’hui que toutes les vérités humaines, scientifiques comprises, sont relatives, au sens où elles sont incomplètes et destinées à changer… » - Michel Paty.

A lire aussi : Citations Improbables Horizons, Trouver la bonne posture, Agir en influence - Crises Strategies Valeurs - Société Numérique, quête ou alibi de la modernité - Inégalités de l’internet, du continu aux fragments

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le 29 février 2012 par Jacques Chatignoux Opérateur
modifie le 4 mars 2014

Notes

[1] On aurait pu intituler cet article « Développement Nodal » pour conforter le changement d’échelle et de paradigme : les mutations sont principalement aux noeuds d’interconnexion dont les développements croisés semblent plus porteurs d’énergies que telle ou telle enclosure locale classiquement géopolitique. Relire « Pour une topologie sociale », Bonnin Philippe, Communications, 2010/2 n° 87, p. 43-64.. Ecoutons : « L’anthropologie de l’espace doit-elle se cantonner à une simple description des lieux ? Ne doit- elle pas travailler les faits d’organisation de l’espace en intention (que signifient les lieux produits par les cultures, et les arrangements topologiques qu’elles composent ?) aussi bien qu’en morphologie (quelles règles d’arrangements se donnent-elles ?) ; en extension (diversité au sein des sociétés) aussi bien qu’en dynamique temporelle ou historique ? … Comment les cultures définissent-elles, dans l’étendue, des lieux porteurs de sens – c’est-à-dire des modes de relation du sujet avec le milieu, des « moments » de la pratique –, comment les organisent-elles entre eux, comment les pratiquent-elles, comment leur offrent-elles ensuite des dispositifs architecturaux pour les rendre efficaces ? ».
En attendant un prochain article spécifique sur le développement nodal on peut dire : "Passer du Local au Nodal, c’est considérer le local comme un terrain de jeu (voir un marché / un nuage dynamique / une pépinière) ; constitué principalement de points d’interconnexion, de noeuds numériques / physiques où se côtoient une foultitude d’individus porteurs de pico-projets et des piezo-énergies. Ceci dans un contexte à trois composantes :

  • Les nanoréalités (multipliant les opportunités d’interaction des surfaces d’interconnexion ; d’où une diversité riche de propriétés - réseaux, services, usages - aux effets connus ou improbables)
  • Un local géopolitique ou de communautés par empathie ;
  • Des postures individuelles de coopération, d’adhésion, de partage et de voisinage, au plus profond des micros / nanos territoires : quartiers, lieux-dits, moulons, communautés par empathie, lieux symboliques d’accès réseau numériques, de travail à distance / nomadisme, d’apprentissage en co-fabrication, d’expériences / médiations utilisateurs…"

[2] La rédaction du présent article doit beaucoup aux acteurs du numérique ou du développement local appartenant à des réseaux civils parfois discrets, à des cercles de recherches, à des institutions publiques ou privées confrontées à l’opérationnel. Lors de conversations furtives, de longs échanges mails ou de visu, ils ont nourri avec simplicité des raisonnements, des pistes à explorer… étayant leurs propos de citations, de mots bien souvent repris ici et là. Merci à eux.

[3] Comment parler de densification des territoires urbains (division du travail et productivité, rôle des économies d’agglomération, diminution coûts de transports, économies d’échelle et baisse des coûts de transaction, accumulation du capital humain comme facteurs d’innovation et de croissance) alors même que le monde acentré dissocie localisation d’activités et territoire géopolitique ?… Le tout en occultant les questions du paysage… pourtant si fondamental Le paysage français, grand oublié des politiques d’urbanisation.

[4] « Dans une approche « historique » du DL, la création de valeur conduit à stimuler et à structurer dans le cadre de politiques d’appui (pôles de compétitivité, grappes d’entreprises), l’agrégation des entreprises dans des clusters, ou des grappes, disposant de réseaux de services financiers, de R et D, d’innovation et de formation et de forte dynamiques d’acteurs et de coopération ou de partenariats. » A voir aussi les options de « concentration d’entreprises spécialisées (systèmes productifs locaux ou SPL et « pôles d’excellence rurales ») autour d’avantages comparatifs des zones rurales (existence de ressources génériques - notamment de compétences- , d’identités territoriales, d’aménités environnementales, de liens étroits entre des facteurs économiques et sociaux, des relations de proximité, qui constituent des facteurs de localisation (voire de relocalisation) favorables de firmes et d’activités productives ».

  • => Cette similarité voulue des Spl, avec les districts industriels italiens Le modèle du district italien en question : bilan et perspectives à l’heure de l’Europe élargie par Dominique Rivière et Serge Weber - Revue géographique des pays méditerranéens, devrait inviter à réfléchir davantage dans un monde « indépendant » de la localisation des activités… Les districts sont le fruit d’énergies locales, d’esprit d’entreprise et de contextes locaux avec proximité des ressources permettant de réduire les coûts de transactions et créant un modèle décentralisé par opposition au modèle hiérarchisé de l’entreprise intégrée. Aujourd’hui, les possibilités de travail et de conduite à distance des processus industriels via les objets communicants rend moins opportun la concentration géographique d’entreprises. De plus, la qualification de la main-d’oeuvre disponible est de plus en plus interrogée par l’employabilité réelle des personnes dans un monde numérique.

[5] Vu traditionnellement, « l’économie résidentielle via un indicateur de développement local (non la production par capita, mais le revenu par habitant), se traduit par une attractivité de résidents – permanents ou temporaires - dotés de sources de revenu externes. L’action serait alors de stimuler des politiques d’accueil ou d’attractivité de nouveaux résidents, - nationaux ou étrangers - comparables, à celles qui visaient naguère à attirer des investissements externes. »

[6] Pour retrouver quelques repères sur les définitions du développement local voir Sommet de Montréal 2002 (« Le développement local est un processus grâce auquel la communauté participe au façonnement de son propre environnement dans le but d’améliorer la qualité de vie de ses résidents… Cette approche est avant tout un phénomène humain où les projets et l’action, plus que les institutions et les politiques, mobilisent l’ensemble des intervenants de la communauté… Les territoires… ne cadrent pas toujours aux territoires définis par l’État mais ils correspondent toujours aux lieux où les citoyens se retrouvent, où le sentiment d’appartenance et d’identité des communautés concernées est important… La démarche (de développement local) repose essentiellement sur une dynamique humaine et son succès dépend principalement de facteurs intangibles comme l’initiative, l’autonomie, l’esprit d’entreprise ou la solidarité sociale, et ensuite de facteurs tangibles comme le nombre de projets et le nombre d’emplois… L’esprit d’entreprise se manifeste par une volonté constante de prendre des initiatives et de s’organiser compte tenu des ressources disponibles pour atteindre des résultats concrets. Ce concept se caractérise par plusieurs éléments : innovation, créativité, capacité de prendre des risques calculés, ténacité, persévérance, détermination, passion, enthousiasme, vision prospective, etc. ») - Cf aussi les nombreuses analyses Connaître et Comprendre le Développement Local - Analyses d’ouvrages publiées notamment par A.Joyal.

[7] Sur le nouvel horizon des territoires, terre d’élection des Legos Numériques Locaux, on peut citer le « moulon » signifiant en urbanisme : "ensemble de maisons qui sont voisines les unes des autres (les bâtiments mais aussi bien les jardins). Les limites du moulon sont données par les rues qui le séparent des autres moulons ou d’autres structures construites ou non. C’est aussi un tas en forme de petite meule de foin.

[8] Cf Lego Numérique Local - §« 7- Création de valeur territoriale en économie de flux numériques acentrés »

[9] On ne peut qu’être inquiet de voir les luttes d’influence entre les énergies traditionnelles et les énergies nouvelles (Solaire : Berlin taille dans les tarifs garantis - Déçue par les résultats de l’appel d’offres gouvernemental sur l’éolien terrestre outre-mer, la société Vergnet, l’unique fabricant français, sera très loin de ses objectifs de chiffre d’affaires en 2011 et 2012 - Le photovoltaïque breton dans la tourmente… puisque l’Etat a décidé de réduire le prix de rachat de l’énergie produite. - Energie : le pari compliqué des emplois verts ) traduisant la grande fragilité de ce choix de la concentration urbaine comme modèle

[10] A relire Crédibilité du discours de l’ingénieur et histoire des sciences.

[11] Cf Jean Bodin dans les Six Livres de la République.

[12] A relire dans « Humain. Une enquête philosophique sur ces révolutions qui changent nos vies » - Monique Atlan et Roger-Pol Droit - Ed. Flammarion) - Extraits du propos de Jean Claude Heudin : « Un homme est capable de réagir avec son instinct, ses émotions, en prenant en compte quantité de facteurs qui ne sont pas modélisables simplement. Par exemple, nous, par rapport à une machine, sommes très rapidement submergés par les données… Au contraire une intelligence artificielle sera meilleure en logique et rationalité que nous… Ce sont donc des qualités différentes… Le robot humanoïde est un fantasme… On peut donc faire des robots bien adaptés à leur fonction sans être obligé de leur donner une forme humaine ».

[13] Cf Le Lego Numérique Local s’apparente au monde de la nanoréalité. Voir ce qu’en dit Etienne Klein : « A ce niveau, plus un objet est petit, plus sa surface est grande… plus on divise un objet en petites parties, plus on augmente le rapport entre la surface totale de cet objet et son volume… Dans les nanomatériaux, cette surface plus grande génère des propriétés nouvelles … les atomes deviennent plus réactifs… certains éléments réfléchissent la lumière, d’autres l’absorbent… des propriétés catalytiques se révèlent, accélérant ou ralentissant une réaction chimique sans y participer… ». (Extraits de « Humain. Une enquête philosophique sur ces révolutions qui changent nos vies » - Monique Atlan et Roger-Pol Droit - Ed. Flammarion)

[14] Cf Fab lab Wikipedia et Faire émerger et connecter des FabLabs en France ou encore site des Fab Labs en France et plus intéressant l’optique jardinage comme introduction aux Fab Labs ou encore Tag Fab Lab sur Ovni

[15] A ce titre il faut bien intégrer ce que dit Marvin Minsky à propos de « Faire des machines pensantes pour comprendre comment fonctionne notre esprit » permttant de cerner la différence entre les machines et l’humain : « La vraie difficulté, c’est le sens commun, c’est à dire toutes ces choses simples que les gens normaux sont capables de faire. Nous ne comprenons pas encore bien comment le reproduire. »

[16] Cf Les écosystèmes numériques de demain - Maîtriser la chaîne de valeur de la conception à la distribution - Interfaces - Intermédiation - Objets connectés et Préparer la rentrée numérique Hiver 2012 § Effacement des technologies / Mutation des interfaces et langage

[17] Relire Subsidiarité Publique et « La finalité du don n’est pas la chose donnée (qui capte l’attention de l’économiste), ni même le geste du don (qui fascine le moraliste), il est de créer l’alliance ou de la renouveler ». Le prix de la vérité - le don, l’argent, la philosophie par Marcel Hénaff - Ed Seuil

[18] La nouvelle banque des collectivités locales s’appellera « La Banque Postale Développement Local »  : détenue à 65% par La Banque Postale et à 35% par la Caisse des dépôts (CDC). « La Banque Postale Développement Local » devrait voir le jour en juin.

[19] Relire quelques repères sur la filière inversée de Galbraith sur l’analyse des rapports de force en matière de niveau de production demandée.

[20] « Bavardage et curiosité », cité par Hubert Guillaud sur Internet Actu Le rôle social du bavardage.

[21] Groupement scientifique « Participation du public, décision et démocratie participative » Cf De l’alerte au conflit. Logiques argumentatives et trajectoires des mobilisations", même si le contexte numérique change la donne bien davantage que ne l’expose le groupe de recherche - Lire Participation du public, démocratie participative : État des savoirs et chantiers de recherche.

[22] Cf de ce point de vue, l’intéressant topo de Françoise Héritier qui resitue bien le terme civilisation.

[23] Cf action des sénateurs P.Leroy et H.Maurey - Proposition de loi visant à assurer l’aménagement numérique du territoire faisant suite au Mémorandum “Replacer les collectivités au coeur de l’aménagement numerique” et dans la ligne de propos comme celui de Vanik Berberian Président de l’association des maires ruraux de France - « La ruralité pâtit d’un manque de connaissance et de reconnaissance ».

[24] Cf la réponse des opérateurs mobiles avec la 4G, puisque attaqués sur leur business modèle tarifaire de la 3G… et délaissant conjointement les investissements trop chers, voir hasardeux dans la fibre… Et ce ne sont pas les projets de textes législatifs donnant aux collectivités le rôle d’opérateur d’opérateurs ou visant à « obliger » les opérateurs dominants dans le contexte des Schémas directeurs d’aménagement numérique… qui va les faire changer. Il est normal qu’un opérateur privé cherche principalement les vecteurs de rentabilité… L’évolution juridique n’est jamais qu’un élément du contexte de l’entreprise… Son enjeu est de s’y adapter ou de la contourner. Il faut mentionner aussi le rythme très lent du déploiement du très haut débit : À peine 200 000 foyers abonnés à la fibre optique en France en 2011 - « En 2011, l’accès au très haut débit donne des signes de frémissement. Probablement encouragés par la multiplication des offres issues des réseaux optiques mutualisés » - .

[25] La posture d’analyse de Piero Sraffa - « les propriétés d’un système économique qui ne dépendent ni des changements dans l’échelle de la production ni des variations dans la proportion des »facteurs« utilisés » - mérite d’être réinvestit (bien sûr en la replaçant dans son époque)… car la mutation numérique refonde un nouveau système économique dont les propriétés sont aujourd’hui en large diffusion autour d’une création de valeur par la posture de coopération, d’adhésion, de partage et de voisinage… et non plus de type « marginale ». La seule marginalité qui demeure est la segmentation entre les acteurs économiques et institutionnels qui pensent et agissent dans le monde numérique acentré et les autres… De plus dans une société numérique, la valeur dépend d’abord de l’évaluation de la marchandise (produits / services) dans ses usages mais aussi de la marchandise en tant qu’adhésion à un éco-système et au vécu d’expériences utilisateurs. C’est donc bien « cet ensemble de marchandises qu’on peut appeler »marchandise-composite" qui devient l’étalon“ référent dans les échanges… Tout en se gardant d’un parallèle excessif, on peut en cerner la véracité en regardant les comportements humains et financiers autour des éco-systèmes numériques.

[26] Sur la bonne taille des échelles numériques, il faut prendre la mesure et méditer les informations suivantes : Menaces sur les dividendes des opérateurs télécoms - Investissements Réseaux Fibres remis en question ? - Fibre optique : accord entre France Télécom et Bouygues Telecom - Les deux opérateurs français ont conclu un accord de partage des réseaux de fibre optique qui s’ajoute à ceux déjà noués avec SFR et Free. - Cf aussi la dernière position de la Commission Européenne Le potentiel économique du marché unique numérique reste inexploité qui affirme « l’accomplissement à l’horizon 2020 d’un véritable marché intérieur, « intégré et interopérable », pourrait augmenter le produit intérieur brut (PIB) de l’Union de 110 milliards d’euros par an, soit plus de 0,8 %. ».

[27] Cf l’évolution mentionnée vers une politique de l’offre… n’est pas uniquement ce que l’analyse des Echos mentionne (en gros on facilite la vie PME mais, en réalité, on taxe davantage). Les 2 protagonistes de la Présidentielle semblent méconnaître les mutations en cours sur ce qui crée de la valeur dans notre époque numérique. A lire aussi, sur l’économie de la demande, le propos d’Antoine Frérot dans Veolia : le putsch aurait été « une erreur majeure » : « Nous sommes passés d’une économie de l’offre à une économie de la demande, où nous devons fournir les prestations réclamées par nos clients. Les services vivent la même mutation que l’industrie il y a trente ans, dans un contexte de credit crunch pour les collectivités locales ».

[28] Coût du travail : France et Allemagne font jeu égal dans l’industrie, pas dans les services par Frederic Schaeffer explicite bien comment la dernière étude Insee sur le sujet Les déterminants du coût du travail en France par Dominique Demailly, Dares, Diane Marlat et Laurence Rioux, division Salaires et revenus d’activité, Insee . Cf aussi Les déterminants du coût du travail en France .

[29] Cf Insee Soixante ans de réduction du temps de travail dans le monde.

[30] Lire le propos d’Emmanuel Combe « Ni Free ni le low cost ne sont les ennemis de l’emploi et de l’innovation » Les Echos.

[31] Cf L’écrit et l’écran, une révolution en marche, par Roger Chartier - Leçon inaugurale au Collège de France - Le Monde du 13-oct-2007 -